Quelques enseignants ont cru devoir, sous le couvert des vertus universitaires, rendre publique une lettre ouverte à l’adresse du Président de la République Togolaise. Cette démarche vise à inviter le Chef de l’Etat à arrêter la procédure d’adoption de la nouvelle Constitution dont le texte a été soumis à une large consultation populaire. Les quarante-sept (47) signataires de la ‘pétition’ ont assis leur conviction sur six (06) points qui motivent leur position défavorable à cette opération.

Cette initiative de quelques universitaires appelle des observations suivantes :

  1. La lettre ouverte n’est pas le procédé approprié de saisine des hautes autorités de l’Etat dans le contexte togolais

Si l’objectif des signataires du document est de se dédouaner auprès d’une certaine opinion, le niveau d’érudition de ceux qui s’en réclament aurait poussé à un meilleur choix de communication. De plus, une lettre ouverte n’est pas un moyen d’apaisement, mais plutôt un moteur d’une vaine polémique de nature à attiser les passions déjà ravivées par la posture vindicative des maigres partisans de l’opposition.

  1. Le caractère partial de la démarche face aux positions d’une autre frange de la communauté universitaire.

On se souvient du passage de certains enseignants sur les médias, dans un exercice de pédagogie à l’attention du public relativement à la nouvelle Constitution adoptée par l’Assemblée nationale le 25 mars 2024 et dont la relecture du texte a été demandée par le Président de la République.

De ce fait, il est difficile de soutenir une démarche objective et ‘sans parti pris’.

  1. La nécessité d’un consensus avant tout changement de Constitution

Les signataires de la lettre ouverte disent rejeter l’initiative parlementaire dans son principe et son opportunité. Ainsi en l’absence d’un consensus de la classe politique (opposition et pouvoir en place) rien ne devrait être envisagé. 

Le paradoxe de la lettre ouverte

L’opinion publique togolaise est dans l’étonnement de voir que deux positions se dégagent au sein de la communauté universitaire sur la problématique de la nouvelle Constitution. La contradiction dans le haut lieu du savoir pose un problème éthique, quand il est reproché à la classe politique de ne pas rechercher le consensus préalable. Les signataires de la lettre s’opposent frontalement aux yeux du public. Il n’est pas souhaitable qu’ils aient une convergence de vue, mais au moins une discussion de fond dans le cercle universitaire, avant de publier une déclaration commune du monde universitaire avec toutes les nuances et qui sera alors soumise au gouvernement.

Cette confusion des érudits est un signe d’un malaise et enlève au temple du savoir un rôle clé de régulation des opinions sur des questions urgentes engageant la vie de la nation.